CONSEILS POUR SE REMETTRE D’UN ECHEC A L’EXAMEN NATIONAL D’ACCES AU CENTRE REGIONAL DE FORMATION PROFESSIONNELLE D’AVOCATS

Dans la rubrique « influenceurs du droit », Legislanne vous propose un article avec des conseils prodigués par l’élève-avocat affairiste Maryan Lorcet. Dans un premier temps, des conseils pour se remettre d’un échec au CRFPA sont prévus puis dans un dernier temps, des conseils pour réussir le CRFPA vous sont proposés.

I-Conseils pour se remettre d’un échec à l’examen national du CRFPA

Il est vrai qu’échouer à un examen, quel qu’il soit, n’est jamais facile surtout lorsque c’est un examen national ou un concours. Nous n’avons, en aucun cas, le droit à l’erreur et la seule chance et de recommencer de zéro, retenter à la prochaine session d’examens un an plus tard.

J’en ai fait également l’expérience. J’ai tenté ma chance avec la session à l’examen national du CRFPA de 2021, et je n’ai pas été retenu dès les écrits. J’ai retenté, une nouvelle fois, ma chance la session suivante, et je l’ai réussi.

Il faut, toutefois, garder à l’esprit qu’il est courant d’échouer, de ne pas être retenu au premier essai. La plupart des avocats, actuellement en exercice l’ont réussi qu’au deuxième – voire troisième – essai. J’insiste énormément sur ce fait. Et cela s’applique, même en s’y préparant avec beaucoup de temps à l’avance ou en s’étant inscrit à la meilleure prépa. Ceci est la première chose que je souhaite soulever et qu’il ne faudrait pas oublier pour se remettre de l’échec de l’examen national du CRFPA.

Un mot, un état d’esprit : La persévérance. N’oublions pas également que la patience est mère de vertus. C’est une expression que je garde toujours à l’esprit, parce qu’elle ne peut être que très véridique. En gardant patience, je continue à persévérer pour réussir dans ma vie, dans mon quotidien, et cela me fait atteindre alors mes objectifs. En soi, j’applique ces deux choses, de façon combinées, comme un commandement pour me remettre de n’importe quel échec – que j’ai pu rencontrer tout au long de mon existence et que je continuerai d’appliquer. Ceci est la deuxième chose que je désire pointer du doigt et qu’il faut absolument retenir.

La troisième chose est que cela ne doit pas, dans l’absolu, remettre en cause vos capacités et votre talent de juriste. Ce n’est pas un hasard si vous avez réussi votre cursus universitaire, en droit, et que vous tentez votre chance à l’examen national du CRFPA. Il faut garder, au maximum, dans un coin de sa tête que le CRFPA est un examen de type universitaire et que les corrigés ne colleront pas forcément avec votre schéma de réflexion. Cela ne traduira pas que vous avez forcément tort, mais seulement que l’on attend une certaine réponse avec une réflexion purement universitaire que vous avez normalement acquise lors de votre préparation à l’examen.

La dernière chose qui a pu m’aider est le fait d’être très bien entouré et de relativiser sur la situation. Prendre également du temps pour soi, après les résultats lorsqu’on a échoué est tout aussi important. C’est un fait, je l’avoue. Il faut additionner cela à ne pas revenir sur son échec de façon abrupte et uniquement pour se plaindre. Il faut positiver la chose. Si vous avez échoué, c’est qu’il y a une raison. Il faut donc être constructif et reprendre à l’endroit où vous avez trébuché pour apprendre de ses erreurs et s’améliorer. 

II-Conseils pour réussir l’examen national du CRFPA

Il faut, premièrement et une fois que vous avez pris le temps nécessaire pour vous, reprendre vos copies du CRFPA (pour celles et ceux qui le passent pour la deuxième ou troisième fois). Dans ce cas, il faut être attentif aux annotations et commentaires laissés par les correcteurs, et les intégrer dans un coin de votre esprit pour s’améliorer. Ces remarques laissés vous aideront également, plus tard, dans vos rédactions personnelles et professionnelles. C’est donc toujours utile.

Lors de mes examens blancs, personnellement, j’ai écrit sur un carnet – semaine après semaine – les points forts et les points faibles de mes copies.

Il faut, pour les candidats le passant pour la première fois, reprendre les annotations et commentaires laissés sur vos copies lors de vos préparations. Il est évident qu’il faut les garder à l’esprit et les appliquer sur les prochaines copies que vous allez rédiger.

En plus des réponses apportées, la qualité rédactionnelle est une part importante de l’examen. Ainsi, il faut soigner son écriture, sa grammaire, son orthographe et sa syntaxe. Il est vrai que ne pas apporter de soin sur ces points peut vous être grandement préjudiciable. En effet, les correcteurs de l’examen ont une tonne de copies à corriger, un délai, leur fatigue personnelle et les autres candidats en point de comparaison.

Ensuite, je vous conseille fortement de vous inscrire à une prépa adaptée. Je me suis, personnellement, inscrit au Pré-barreau car c’est la meilleure prépa avec le plus haut taux de réussite grâce à l’encadrement apportée par cette dernière.

Je suis conscient que cela représente un coût, mais de s’y inscrire vaut vraiment le coup !

Il faut effectuer, avec diligence, tous les examens blancs. C’est un point important puisque c’est à ce moment précis que vous allez réellement vous entraîner pour la partie écrite des examens du CFRPA.

En sus de cela, il ne faut vraiment pas hésiter à aller vers les professeurs qui sont à votre disposition et de poser toutes les questions nécessaires pour réellement vous améliorer.

J’ajoute, et c’est très important, de reprendre les sujets posés à l’examen du CRFPA puisque la manière de rédiger les cas pratiques n’est pas forcément la même entre les prépas et les sujets dudit examen que vous allez tous passer.

Puis, je vous recommande de travailler en groupe : chacun a ses points forts et ses points faibles, vous serez donc complémentaires. Cela sert aussi à, mutuellement, se motiver.

De plus, il faut, je le précise bien, reprendre absolument les corrigés et travailler avec ces derniers. En parallèle, il faut également créer au fur et à mesure vos protocoles de questionnement pour avoir un déroulement logique et ainsi répondre rapidement et de façon structurée aux cas pratiques.

Sur la question des protocoles, je me dois de vous préciser deux choses importantes. Premièrement, les protocoles se construisent avec les bases législatives et/ou réglementaires mais il faut porter une attention particulière aux bases jurisprudentielles.

Par exemple, j’ai choisi la spécialité en droit des affaires, il y a donc des réponses qui ne dépendent, à certains moments, que des jurisprudences de la Cour de cassation – qui pour certaines posent, en plus d’un principe juridique, des conditions d’application bien précises. Certaines ne sont pas dans le code ou vous n’arriverez pas à les trouver facilement, il ne faudra pas hésiter à les retranscrire de vos cours et de vos corrigés à vos protocoles pour les apprendre et les garder en tête.

Et deuxièmement, cela a été une erreur de ma part de me baser, pour mon premier essai à l’examen, que sur les corrigés et les protocoles de questionnement. En effet, certaines questions sont plus susceptibles d’être posées en cas pratique, mais les rédacteurs des examens peuvent se baser sur l’entièreté du programme. Il ne faudra alors pas hésiter, en supplément des protocoles, créer des petites fiches sur des questions qui paraissent moins probables d’être posées à l’examen, surtout sur les points techniques et que vous ne comprenez pas. Ainsi, cela vous aidera à mieux assimiler ces parties des différents cours du programme. En effet, et surtout pour la spécialité droit des affaires, il est plus probable d’avoir ce genre de petites questions à résoudre en cas format cas pratique. 

L’examen national du CFRPA est un marathon : 2 choses : la première, il ne faut pas aller trop fort tout de suite. Puis, la seconde est d’être en groupe et de travailler à votre rythme sans être en trop en retard, cela est réellement important. Il ne faut pas lâcher même quand on a l’impression qu’on coule et qu’on ne comprend rien. Il faut seulement reprendre, avec patience, les points sur lesquels on trébuche.

Prendre du temps pour soi et des temps de pause, sans que vous culpabiliser. C’est important, je le rappelle c’est un marathon et comme toute préparation il faut des temps calmes et d’amusement, des pauses pour se ressourcer.

Il est important de préciser un dernier point, l’examen du CFRPA n’est pas un concours, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de classement, il suffit seulement d’avoir 10 à l’arrivée. Cela ne se traduit pas que vous ne devez pas essayer d’avoir plus, bien au contraire car cela permettra d’avoir des points d’avance pour vos oraux que tous appréhendent, mais c’est d’avoir au moins la moyenne pour passer la première étape que sont les écrits.

Pour les oraux, vous ne devez pas hésiter à vous laisser une semaine de repos après les écrits, puis de commencer à réviser, même si vous n’avez pas encore les résultats. Ce n’est pas du temps perdu puisque vous allez intégrer, à votre mémoire, énormément de connaissances juridiques et de culture générale.

La masse des informations est colossale, il faut donc commencer le plus tôt possible. Le faire petit à petit et travailler avec les actualisations législatives et jurisprudentielles, sans oublier d’intégrer un moment de lecture et d’analyse des articles de presse.

Il ne faut pas hésiter à vérifier, selon vos IEJ, quel est le format des sujets du Grand Oral (cas pratique, commentaire d’arrêt, soutenez que, …), pour ainsi vous entraîner à ce type d’exercice seul ou en groupe. J’insiste sur un fait qui est de travailler également, à certains moments, en groupe pour vous entraîner sur des sujets variés et ainsi s’apercevoir que vous avez un minimum de connaissances sur la chose, mais également pour que votre interlocuteur avec lequel vous vous entraînez puisse vous faire des commentaires constructifs afin de s’améliorer sur l’expression orale. Un juriste doit, en effet, correctement s’exprimer.

En supplément de la préparation sur des sujets types, selon vos IEJ, posez-vous des questions de culture générale et juridique, d’actualité et autres, puisque cela fait partie du Grand Oral, sur les 30 minutes de questions-discussions. J’informe que cela peut tomber sur tout et n’importe quoi.

Si vous ne connaissez pas la réponse, il ne faut absolument pas paniquer et répondre de façon détourner avec les éléments de connaissance que vous avez forcément, de rattacher aux droits et libertés en lien, définir ou autre ; il ne faut absolument pas répondre par « je ne sais pas ». Cette dernière réponse vous sera dommageable – sur la note du Grand Oral. Vous devez alors toujours apporter des éléments de réponse, évidemment structurés, même si ce n’est que partiel. Les matières du droit sont extrêmement vastes, spécifiquement en matière de droits et libertés fondamentaux.

Je suis sûre que bon nombre des candidats auront peur face à cette masse de connaissances à intégrer et le fait de passer devant un jury de trois professionnels du droit (un professeur d’université, un magistrat et un avocat). Il faut, toutefois, le prendre comme une opportunité que vous ne rencontrerez peut-être plus jamais, avec un vrai échange lors de la partie question-discussion. De plus, les candidats doivent impérativement garder à l’esprit que l’épreuve du Grand Oral est plus une épreuve de réflexion que de connaissances. C’est réellement votre réflexion en tant que juriste que le jury note. Il faut construire votre argumentation, de façon structurée dans un plan universitaire, en vous aidant de tout ce que vous avez pu voir lors de vos révisions (juridique, social, économique, politique…).

Présentation de l’auteur :

Maryan Lorcet est un juriste diplômé du Master 1 et 2 en droit des affaires à l’Université de Nanterre. Pour son cursus universitaire, il a choisi le Master 2 professionnel Contentieux des Affaires qui est plébiscité par des centaines d’étudiants. Ce master met en scène des professionnels affairistes de très haut niveau afin de former les étudiants. Le rythme d’alternance est conçu pour que les trois derniers jours de la semaine soient consacrés à la formation en entreprise ou en cabinet d’avocats. Il a été bénévole au poste de trésorier pour l’association étudiante de son Master 2. Deux années auparavant, il a occupé un poste similaire dans 2 autres associations : « De tout cœur » 2018-2022 et Nanterre hangagée 2019-2022. Actuellement, il est élève-avocat au sein de la Haute Ecole des Avocats Conseil des Barreaux du ressort de la Cour d’Appel de Versailles.

Publié par Anne-B

Juriste/ Blogueuse/Musicienne

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